Emma Haziza : cette seceresse « nous oblige à réfléchir à nos usag...

Emma Haziza : cette seceresse « nous oblige à réfléchir à nos usag…



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Jamais la France n’avait connu pareille sécheresse. Le début des mesures Météo France, à l’été depuis 1958, jamais un mois de juillet n’avait connu si peu de précipitations. Cette sécheresse a commencé à s’installer cet hiver, et a atteint un tel niveau qu’aujourd’hui, 93 départements sur les 96 que compte la France métropolitaine font l’objet de restrictions d’eau. Plus d’une centaine de communes sont en outre privées d’eau potable, a indiqué vendredi le ministre français de la transition écologique, Christophe Béchu.

Dans la centaine de communes qui manquent d’eau potable dans l’Hexagone, « il y a des agréments qui se font avec des camions d’eau potable qu’on achemine, puisqu’il n’y a plus rien dans les canalisations »précise Christophe Bechu, lors d’un déplacement dans le Sud-Est. “Tot l’enjeu, c’est de durcir un certain nombre de restrictions pour éviter d’en arriver là”at-il ajouté.

Carte des arrêtés sécheresse au 5 août 2022. En rouge : les restrictions maximales, avec restriction d’usage agricole. © Carte ministère de la transition écologique

Pour l’hydrologue Emma Haziza, docteure de l’École des mines de Paris à la tête d’un centre de recherche et d’action sur les questions de sécheresse et d’inondation, il faut réduire notre consommation d’eau, et de nombreuses pistes existantes. Entretien.

Mediapart : À quoi est due la sécheresse record que nous traversons cet été ? En quoi ce phénomène est-il distinct des vagues de chaleur ?

Emma Haziza : L’existence de trois formes de seceresse, et l’une peut en induire une autre : la seceresse meteorologique – c’est-à-dire l’absence de pluie -, la seceresse des sols, et la seceresse des masses d’eau – c’est -à-dire l’affaissement des nappes phréatiques, cours d’eau, lacs, etc. Ces trois phénomènes se conjuguent aujourd’hui, partout sur le territoire.

Ce qui est particulier cette année, c’est que 2022 arrive après une période où nous avons déjà battu des records historiques tous les ans, mais de façon différenciée selon les territoires : de 2017 à 2020, nous avons connu des températures extrêmes et des sécheresses dans les régions plusières. Mais en général, il y avait d’excellentes recharges des nappes phréatiques pendant l’hiver. Elles m’étaient parfois excédentaires, jusqu’à 30 % d’eau en plus, ce qui faisait qu’on pouvait sereinement aborder le printemps.

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