Restrictions d’eau en vigueur dans toute la France alors que la sécheresse menace la production agricole

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La sécheresse et une succession de trois vagues de chaleur depuis juin – attribuées par consensus scientifique au changement climatique – ont sévèrement réduit les débits fluviaux à travers la France, multipliant les mesures de restriction d’eau, affectant directement la production agricole.

Dans l’ensemble des champs de France, les cultures souffrent de la chaleur et de la sécheresse, les restrictions hydriques inquiètent le monde agricole, notamment en ce qui concerne la production de maïs, déjà durement touchée par les records de température.

Avec seulement 9,7 millimètres de pluie en juillet selon le service météorologique Météo France, les précipitations au cours des quatre dernières semaines ont été inférieures de 84 % à la moyenne des chiffres de juillet au cours des trois dernières décennies.

La sécheresse française a entravé l’agriculture et imposé des restrictions généralisées sur l’utilisation de l’eau douce.

Les effets cumulés de la sécheresse et du manque d’eau se produisent lors de la pollinisation du maïs, période cruciale pour le développement de la culture.

Selon Xavier de Castelbajac, responsable commercial céréales du groupe coopératif Maïsadour, le maïs est généralement semé entre avril et mai.

Lorsque les plantes commencent à pousser, la période de pollinisation commence début juillet.

“La fleur va fertiliser la plante et grâce à cette fertilisation un épi va se former avec des grains de maïs”, avant d’être récolté début octobre, explique De Castelbajac.

Les rendements des cultures chutent de façon spectaculaire

Le groupement, qui a 60% de ses parcelles irritées, constate une nette différence par rapport à celles qui ne le sont pas – la baisse de rendement est estimée entre 10 et 20% pour certaines parcelles, contre une baisse de 50%, voire plus, sans irrigation.

Maïsadour détient quelque 70 000 hectares de céréales en France.

A l’échelle nationale, la proportion de parcelles de maïs grain jugées dans un état « bon à excellent » est passée de 75 % à 68 % en l’espace d’une semaine, selon le dernier baromètre CéréObs de FranceAgriMer publié le 29 juillet.

Selon le ministère français de l’Agriculture, le volume annuel d’eau consommé à l’échelle nationale est estimé à 5,3 milliards de mètres cubes par an ; l’agriculture est la première activité consommatrice d’eau avec 45 % de l’approvisionnement total en eau, devant le refroidissement des centrales électriques à 31 %, l’eau potable à 21 % et seulement 3 % à usage industriel.

Cependant, face à des sols secs, l’irrigation est le seul moyen de garantir les niveaux de rendement du maïs sur lesquels comptent les industries, notamment pour l’alimentation animale.

La région parisienne en alerte poussée

Parallèlement, la préfecture du département d’Ile-de-France a placé Paris, les Hauts-de-Seine, la Seine-Saint-Denis et le Val-de-Marne en alerte “sécheresse”, tous les départements de France métropolitaine étant désormais touchés par la crise climatique. Phénomène parmi les appels à des mesures d’économie d’eau.

Le 25 juillet, le débit de la Seine passe sous le seuil de 81m3/s à la gare de Paris-Austerlitz, déclenchant un passage en vigilance sécheresse.

En Île-de-France, particuliers, collectivités et entreprises ont été incités par la préfecture – mais pas obligés – à rationner leur consommation, en évitant d’arroser les espaces verts ou les voiries, en lavant les véhicules et en limitant la consommation domestique.

L’ensemble des 96 départements français sont désormais concernés par un “plan sécheresse” national.

46 départements sont au niveau “crise” rouge, avec uniquement les usages prioritaires de l’eau autorisés, tels que l’eau potable, l’hygiène, la santé et la sécurité.

Dans les 38 départements au niveau orange “d’alerte renforcée”, le pompage pour l’agriculture est réduit à au moins 50% et il existe des limitations sur l’arrosage des jardins et des golfs.

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