Un comité de l’ONU critique la France pour la règle scolaire sur le foulard musulman

LA RELIGION

La France a violé un traité international sur les droits en interdisant à une femme de porter un foulard pendant qu’elle étudiait dans une école, a déclaré un comité de l’ONU.

Publié: 4 août 2022 08:55 CEST

Photo d’illustration par PHILIPPE MERLE / AFP

Cette décision a enfreint le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, a déclaré le Comité des droits de l’homme des Nations Unies.

Sa décision fait suite à une plainte déposée en 2016 par une ressortissante française née en 1977, dont l’avocat ne souhaite pas que son nom soit publié.

La femme suivait une formation professionnelle pour adultes en 2010 et avait passé un entretien et un test d’entrée.

Mais le proviseur du lycée Langevin Wallon, dans la banlieue sud-est de Paris, a refusé de la laisser entrer en raison de l’interdiction de porter des signes religieux dans les établissements d’enseignement public.

Le comité de l’ONU a déclaré que “lui interdire de participer à son cours de formation continue tout en portant un foulard constitue une restriction à sa liberté de religion en violation du traité”.

La décision du comité a été adoptée en mars mais envoyée mercredi à l’avocat de la femme.

“C’est une décision importante qui montre que la France a du travail à faire en matière de droits de l’homme et notamment sur la question du respect des minorités religieuses, et plus particulièrement de la communauté musulmane”, a déclaré à l’AFP son avocat Sefen Guez Guez.

EXPLIQUÉ Que signifie vraiment la laïcté en France

La question des symboles religieux et des vêtements est d’actualité en France, où les règles de laïcité (laïcité) signifient que tous les symboles religieux manifestes – y compris le foulard musulman – sont interdits dans les bâtiments publics, y compris les bureaux gouvernementaux et les écoles.

La flambée la plus récente concernant les règles de laïcité concernait les autorités locales de Grenoble, qui avaient voté pour autoriser le maillot de bain intégral connu sous le nom de “burkini” dans les piscines municipales. Leur décision a été contestée par le ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, qui a déféré la décision au tribunal administratif, qui a bloqué la décision de la préfecture de Grenoble.

La burqa et le niquab sont purement et simplement interdits en France, tandis que le foulard musulman peut être porté dans tous les lieux publics à l’exception des bâtiments publics. Il est également interdit aux agents publics qui représentent l’État – tels que les policiers – de le porter au travail.